14/01/2018

OUTFIT | BAD INFLUENCE


J'ai toujours eu peur de rencontrer les parents de mes potes. Jusqu'à aujourd'hui c'est quelque chose qui m'angoisse. Même avec les parents qui me connaissent bien. Parfois je préférais attendre mes potes dans la rue, limite en me cachant, que de sonner chez eux et de devoir parler à leurs parents. Pourquoi? Parce que j'avais peur qu'ils me perçoivent comme la nana qui a mauvaise influence sur leurs enfants. J'avais l'impression qu'ils voyaient clairs dans mon jeu quand je venais chercher mes potes avant d'aller en soirée, qu'ils savaient qu'il y aurait de l'alcool, possiblement de la drogue, des garçons, des filles, des personnes peu fréquentables, qu'on allait faire des conneries en soit. Et j'avais peur qu'ils assimilent le développement de pratiques déviantes à mon arrivée dans la vie de leurs enfants. Alors qu'en fait, on ne va pas se mentir, même si j'avais un comportement "déviant", bien souvent, mes potes m'entraînaient dans des plans bien plus craignos que dans des trucs que j'aurais pu proposer. Comme n'importe quel ado, j'ai cherché et testé mes limites, souvent en faisant des choses borderline dangereuses. Mais je ne pense pas avoir vraiment été une mauvaise influence sur quelqu'un. Au contraire, bien souvent j'ai été la voix de la raison - un peu casse couille - quand je sentais qu'une situation tournait au vinaigre. Et pourtant je n'arrive pas à me défaire de ce sentiment que peut-être les parents de me pote me perçoivent comme une mauvaise influence. Le pire, c'est que je suis consciente qu'ils pensent tout le contraire de ça. Mais j'ai toujours cette boule au ventre quand je les rencontre, comme si sur mon front il y avait écrit en énorme, en rouge: "mauvaise influence".


Sweat-shirt WEEKDAY / Pants H&M / Shoes T.U.K. Footwear

Armelle De Oliveira
Photos: Syana